4 Questions à Youssou Ndong, directeur des travaux géographiques et de la cartographie à l’ANAT (Sénégal)

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Youssou Ndong est le Directeur des Travaux Géographiques et de la Cartographie, au sein de l’Agence National de l'Aménagement du Territoire (ANAT). La DTGC est intégrée à l’ANAT  créée  en novembre 2009. L’ANAT,  à travers la DTGC exerce les prérogatives de maître d’œuvre du projet de cartographie urbaine en cours au Sénégal.
Il revient sur la genèse et l’avancement du projet.
  

1/ Que représente le projet de cartographie des 7 villes principales du Sénégal pour les autorités sénégalaises et la DTGC ? Depuis combien de temps ce projet était-il en préparation ?

Depuis quelques années, le gouvernement du Sénégal s’est résolument engagé dans une nouvelle politique de décentralisation qui donne beaucoup plus de compétences aux circonscriptions administratives, aux villes et collectivités locales. Cette volonté d’aboutir à un développement harmonieux et durable à tous les niveaux nécessite une bonne maîtrise spatiale du territoire national et de ses ressources.
Le développement des bases de données géospatiales et particulièrement des systèmes d’informations géographiques a connu un essor particulier ces dernières années. Cependant, l’absence d’un cadre de concertation et la non mutualisation des projets, ont conduit les acteurs du secteur à produire des données trop sectorielles souvent hétérogènes occasionnant ainsi une duplication et  une redondance des données avec comme conséquences immédiates des pertes financières importantes pour le pays. Les recommandations du forum national sur la géomatique  ont permis aujourd’hui de mettre en place un cadre de réflexion et de concertation entre producteurs et utilisateurs de données.
Toutes ces actions élaborées sous l’autorité de l’État du Sénégal vont contribuer à la stratégie nationale de mise en place de l’infrastructure nationale de données spatiales (I.N.D.S).
Les Bases de données urbaines produites dans le cadre de ce projet, le partenariat DTGC-ONAS (Office Nationale d’Assainissement du Sénégal), les autres concessionnaires de réseaux, et les futurs utilisateurs de données géospatiales seront des maillons importants dans la réalisation de cette stratégie nationale.

2/ Après 14 mois d’activité, quel est l’état d’avancement du projet ?

Le projet a démarré officiellement le 15 décembre 2010 pour une durée de 25 mois.  Les phases de géodésie qui se sont déroulées de janvier à mai 2011 et de prises de vues aériennes en février 2011, ont été bouclées dans les temps, ce qui a permis à la phase de restitution photogrammétrique de démarrer en Juillet dernier. Le projet connaît aujourd’hui un rythme d’avancement satisfaisant, mais il est vrai que nous avons eu quelques inquiétudes lors de la phase de formation des restituteurs. Le programme de production apparaissait en effet très ambitieux pour des jeunes professionnels qui venaient tout juste d’apprendre ce nouveau métier. Aujourd’hui, les résultats sont là, ils sont pleinement opérationnels et productifs : plus de 12 000 hectares de villes denses ont ainsi été traités. Il reste à ce jour, la ville de Dakar à restituer et la mise à jour de la ville de Saint-Louis à entreprendre.

3/ Le projet comprend un important volet de sensibilisation pour expliciter la valeur ajoutée du projet. Comment percevez-vous les séminaires de sensibilisation qui sont régulièrement organisés pour informer du projet et des résultats obtenus ?

Les séminaires ont pour but d’informer les bénéficiaires sur l’avancement du projet et sur les principaux résultats obtenus. Plusieurs manifestations de restitution, de vulgarisation et de partage sont et seront organisées dans ce cadre : un atelier de sensibilisation a déjà été réalisé, un autre est prévu prochainement et un troisième atelier sera organisé en fin de projet pour une meilleure appropriation des résultats obtenus. La participation effective  de tous les acteurs intervenant en milieu urbain, producteurs comme utilisateurs de données géographiques, ainsi que la couverture par plusieurs organes de presse témoignent de l’importance et de l’impact de ce type d’activité.

4/ Ce n’est pas la première fois que la DTGC et IGN FI sont amenées à travailler ensemble. Quel est d’après vous, l’apport principal d’IGN France International sur les différents projets que vous avez mené ensemble ?

Le Projet de Nouvelle Cartographie du Sénégal au 1/200 000 et création de Bases de Données Cartographiques Numériques réalisé entre 2004 et 2008 sont des exemples de réussite qui illustrent bien la qualité du partenariat stratégique entre l’ANAT/DTGC et IGN France International.
C’est cet esprit de partenariat gagnant-gagnant,  alliant le transfert de savoir-faire à la production de résultats de qualité qui est reconduit dans le cadre du projet de Bases de Données Cartographiques Numériques de sept villes du Sénégal en cours de réalisation.

Contact :
Youssou NDONG
Direction des Travaux Géographiques et de la Cartographie
dirdtgc@orange.sn